- Lieu -
Paris, France (depuis octobre 2006)
Toronto, Ontario (Canada) - de mars 2004 à sept. 2006

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Jérôme et Caroline, deux Français expatriés au Canada pendant 2 ans 1/2. Nous sommes de retour à Paris depuis fin 2006.
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Happy birthday : 2 ans au Canada ! (Par Caroline)
Et oui, cela fait 2 ans que nous sommes à Toronto… Un certain 4 mars 2004, nous débarquions ici. Vous pouvez demander à n’importe quel immigrant, il se souvient très bien de la date à laquelle il est arrivé au Canada. C’est une date qu’on n’oublie pas et certains vont jusqu’à fêter leur « anniversaire », comme nous ! Vous vous en doutez, on se souvient tous parfaitement de ce jour, on se revoit en arrière le fameux jour de notre arrivée … un jour fort en émotions.
Personnellement je garde un mauvais souvenir de ce jour en particulier. Parfois je me dis que ça été le pire de toute l’aventure. Je ne vais pas vous le raconter en détails car ça reviendrait à peu près à ça : voiture – avion et arrivée au Canada exténués et perdus dans un environnement complètement différent où se mélangent excitation et angoisse (ah le fameux mélange d’émotions !).
Qu’est-ce qui a été le plus dur le jour de notre départ ?
Généralement, le compte à rebours commence un mois avant le départ. On a pleins de choses à faire et on fait le tour de notre entourage pour les derniers au revoirs. Bon, moi, je DÉTESTAIS les au revoirs avant, mais depuis c’est encore pire ! Avec certains, on se dit au revoir très simplement « Bon bah salut, à la revoyure !!! » alors que d’autres nous serrent fort dans leurs bras et oups, la tristesse monte ! Bien sûr inutile d’évoquer l’émotion quand on laisse nos familles…
Pendant ce temps là, la date du départ approche et assez naturellement les angoisses prennent le dessus. Au moment de choisir ce départ plusieurs mois en arrière, on pèse les bons et les mauvais côtés et puis, rationnellement, on décide de se lancer. Oui mais après, la peur se fait de plus en plus grande, le rationnel disparaît, l’émotionnel prend toute la place et les quelques jours avant le départ sont un peu hors du temps, on ne sait plus vraiment où on en est…
D’autre part, j’ai été très surprise d’être affectée par les aspects matériels. Ca a été difficile de quitter des affaires personnelles que j’ai laissées en France ! Vous n’êtes pas matérialistes ? Essayez de faire rentrer votre vie dans 2 valises et on en reparle ! C’est dingue comme on peut avoir de vêtements, livres, CD, chaussures, photos, souvenirs, etc… et c’est dingue comme on peut y tenir ! Quand il faut faire le tri pour prendre le strict minimum, le choix est difficile. Nos affaires font parties de notre histoire et de nos repères, et elles nous rassurent.
Je sais que ça peut paraître ridicule mais j’ai été triste de quitter ma voiture, ma Fiat Punto (on ne se moque pas !). J’y tenais à cette voiture et à tous les endroits où elle m’a emmenée !!! :o)
Quand on monte dans la voiture direction l’aéroport, on porte un regard différent sur notre « vie », dernier coup d’œil à la maison, on remarque les petits détails qu’on ne voyait plus, la rue qu’on a emprunté 1000 fois sans la voir, les arbres, les croisements, les maisons… tout ça défile devant nos yeux une dernière fois en nous rappelant autant de souvenirs; et on déguste, on observe, on en rate pas une miette…
Vous l’avez compris, immigrer au Canada, c’est vivre des moments magnifiques mais il faut laisser beaucoup de choses derrière soi pour les vivre.
Assez ironiquement, peu de temps après notre arrivée, on oublie très vite les objets laissés, on en rachète d’autres et on s’y attache à nouveau. L’environnement inconnu au départ devient le nôtre, les rues où l’on se perdait sont « nos » rues maintenant, etc… Bien sûr on ne remplace pas les proches mais on apprend à s’adapter à la distance.
Deux ans après, on ne regrette pas ce jour difficile bien sûr. Sans doute a-t-il contribué à nous permettre d’avancer et à apprécier la suite.
Deux ans après, on ne regrette pas d’avoir tenté l’aventure car la peur et les angoisses du début ont vite laissé la place à de belles aventures…
Caroline
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