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Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /2006 15:54

Actualité du jour au Canada : après un vaste scandale de corruption et 12 ans à la tête du gouvernement canadien, les libéraux ont perdu les élections contre les conservateurs.

                                


                Stephen Harper, conservateur                      Paul Martin, libéral
                                                                               (premier ministre sortant) 


« Les conservateurs remportent les élections au Canada

L
es conservateurs de Stephen Harper ont remporté les élections canadiennes organisées lundi 23 janvier, mettant fin à plus de douze années de pouvoir du Parti libéral. Mais ils devront se contenter d'un gouvernement minoritaire.

Le premier ministre sortant, Paul Martin, 67 ans, a concédé, tôt mardi, la victoire à son adversaire conservateur Stephen Harper et annoncé qu'il allait quitter la direction du Parti libéral. "Je viens de téléphoner à Stephen Harper et je lui ai présenté mes félicitations. Le peuple canadien l'a choisi pour gouverner le Canada", a déclaré M. Martin, visiblement ému.

M. Harper, un homme politique de 46 ans venu de l'ouest du pays, ne disposera cependant pas des 155 députés nécessaires pour avoir la majorité à la Chambre des communes et devra trouver des alliances pour gouverner et se maintenir au pouvoir. "Les Canadiens voulaient un changement", a déclaré Peter McKay, numéro deux du Parti conservateur, à la chaîne CTV.

UNE VICTOIRE ANNONCÉE

Les libéraux du premier ministre sortant, Paul Martin, ont pâti de l'usure du pouvoir et des suites d'un scandale de pots-de-vin qui a terni l'image de son parti.

Mais le Canada pourrait faire face à un nouvelle période d'incertitude, les gouvernements minoritaires ayant généralement une espérance de vie limitée dans ce pays.

Selon des résultats officiels encore partiels à 7 heures GMT (8 heures à Paris), des conservateurs étaient élus ou en avance dans 124 des 308 circonscriptions du pays. Les libéraux se trouvaient dans la même situation dans 103, le Bloc québécois (indépendantiste) suivait avec 51 candidats élus ou en tête, et les sociaux-démocrates du Nouveau Parti démocratique (NPD) avec 29, les indépendants avec 10,5.

La participation a atteint 64,9%, la meilleure au cours des trois derniers scrutins organisés depuis 1997, selon des chiffres quasi définitifs de l'organisme indépendant Elections Canada.

Tous les sondages récents avaient prédit une victoire de Stephen Harper, qui a promis de "faire le ménage" à Ottawa, de réduire les taxes sur la consommation et d'améliorer les relations avec les Etats-Unis.

UNE VOLONTÉ DE CHANGEMENT

Le premier ministre sortant avait refusé jusqu'au dernier moment de s'avouer vaincu, mais il a tiré sa révérence avec une certaine élégance, rappelant qu'il avait redressé les finances du pays. "Nous avons hérité d'un pays en difficulté, nous en avons fait un pays dont les finances publiques font l'envie du monde entier. Nous avons mis en place les fondations sociales pour nous assurer que notre richesse collective soit répartie équitablement", a-t-il dit.

L'élection a été provoquée par la chute, fin novembre, du gouvernement minoritaire de M. Martin sur une motion de censure de l'opposition, à la suite d'un scandale de détournement de fonds.

Durant une campagne marquée par des ratés, M. Martin, un ancien homme d'affaires ayant fait fortune à la tête d'une compagnie maritime, n'a cessé de présenter son adversaire comme un ultra-conservateur, proche de la droite conservatrice américaine et prêt à ramener le Canada en arrière, notamment sur les questions de société comme l'avortement et le mariage homosexuel.

Battu sur le fil par M. Martin, lors de l'élection de 2004, M. Harper a évolué vers le centre et a su cette fois-ci adoucir son image d'idéologue rigide qui avait alors effrayé une partie de l'électorat modéré. Pour de nombreux commentateurs, la victoire des conservateurs traduit en grande partie une volonté de changement des Canadiens après plus de douze ans de pouvoir du Parti libéral, et leur désir de sanctionner cette formation pour un vaste scandale de corruption remontant à Jean Chrétien, le prédécesseur de Paul Martin.

Avec AFP et AP

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-733860,0.html »


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Quelques mots sur le vainqueur des élections…

 
Le leader du Parti conservateur, Stephen Harper, lors d'un meeting à Oshawa, au Canada, le 20 janvier.









« 
Un héraut du pays profond

M
algré ses yeux bleus perçants et son sourire engageant, Stephen Harper, 46 ans, n'a rien d'un jeune loup charismatique mais il est certainement un politicien rassembleur, fin stratège, qui a su convaincre les Canadiens qu'il pouvait remplacer utilement son prédécesseur, le libéral Paul Martin.

Marié et père de deux jeunes enfants, ce Torontois d'origine et Albertain d'adoption a l'allure d'un premier de classe, studieux et ambitieux. Il a étudié les sciences économiques mais la politique est sa vraie passion. Jeune militant conservateur, il arpente à 25 ans les couloirs de la Chambre des communes comme attaché parlementaire d'un député de Calgary. Déçu du Parti conservateur, il fonde avec plusieurs, en 1988, le Parti réformiste, formation aux idées ultraconservatrices qui a pris racine dans l'Ouest canadien. Cinq ans plus tard, il entre par la grande porte aux Communes.

Son image de conservateur radical lui colle déjà à la peau. Lui, pourtant, se définit comme "un décentralisateur et autonomiste", farouche défenseur d'une limitation du rôle et des finances de l'Etat fédéral. En 1997, il se met en retrait de la politique et crée une association de citoyens qui dénonce le gaspillage de fonds publics et prône la démocratie directe. En 2001, le Parti réformiste est devenu l'Alliance canadienne et il en devient le chef. Un an plus tard, il revient aux Communes à la tête du principal parti d'opposition !

Il rêve encore d'une union de la droite et négocie en secret une fusion de son parti avec le Parti progressiste-conservateur. Fin 2003, naît le Parti conservateur du Canada dont il prend les rênes. Avec adresse, il réussit à apaiser les tensions entre modérés et radicaux de droite. A l'extérieur, toutefois, son image de conservateur modéré a du mal à s'imposer et il ne parvient pas détrôner les libéraux lors des élections de juin 2004.

Dix-huit mois plus tard, les libéraux tentent encore de le diaboliser en l'associant à la droite américaine. M. Harper essuie les coups sans se départir de son flegme. Il arpente le pays, parle français au Québec, courtise les Ontariens, sans oublier sa "base" de l'Ouest canadien. Aux plus radicaux, il montre combien il est attaché à la religion et aux valeurs familiales. Il termine ses discours d'un God Bless Canada, promet de ramener au Parlement le dossier des mariages homosexuels et se classe dans le camp des pro-Américains, favorables à la guerre en Irak et à la participation du Canada à un bouclier antimissiles nord-américain. Au terme d'une campagne menée tambour battant, il se préparait à assumer l'un de ses deux rôles préférés : premier ministre ou "père de famille à plein temps". Les Canadiens lui ont donné le premier.

Anne Pélouas

 http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-733917,0.html »


Le nouveau premier ministre canadien, Stephen Harper au soir de son élection , le 23 janvier 2006,à Calgary, en compagnie de sa femme et de ses deux enfants.

 

 

Par Caro & Jérôme - Publié dans : Info. pratiques
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